violence Scolaire au Maroc




Entretien Abderrahim Emran, Professeur d'université, Psychosociologue, Président de l'association psychologie et Développement.



Comment le Psychosociologue que vous êtes circonscrirait-il le phénomène de violence scolaire?

On ne peut pas vraiment, d'un point de vue psychosociologique, circonscrire le phénomène de violence scolaire car il se déploie à plusieurs niveaux, dans divers espaces. C'est un phénomène global qu'il faut examiner dans sa totalité. La violence scolaire est ce qu'on qualifie, en termes psychosociologique de thème chaud à dimensions affective et culturelle très fortes. Il ne faut pas oublier qu'on sort (à peine) de 50 ans d'une société fortement tribale et patriarcale où le chef de famille corrigeait corporellement femme(s) et enfants sans que personne y trouve à redire. Le maître d'école- Une autre interprétation encore plus  sacralisée de chef de famille jusqu'à pas si longtemps – gère pédagogiquement sa classe, comme il l’entend, à coupe de gifles ou de ceinturon, s’il le juge nécessaire , sans que cela soulève un tollé  parmi les enfants ou les parents, Pire, les enfants sont convaincue que les coups à l’école sont légitimes et qu’une connivence certaine existe entre parents et professeurs autour de l’emploi de coups pour que le savoir rentre .

On ne peut pas circonscrire mais on peut avancer des causes ?

Les causes sont multiples, Elles sont de nature directe ou indirecte, on peut citer pêle-mêle, le manque de moyens, l’inadéquation formation versus débouchés, les lacunes des formations des professeurs, l’incivilité des enfants, la banalisation des insultes, de la triche, des échecs scolaires, du manque de visibilité et de perspectives d’avenir……
L’école engendre de la violence car elle n’est pas un espace de vie participative et d’une pédagogie scolaire active, c’est un espace générateur de stress et de détresse. L’enfant apprenant a des droit de dire, le droit de participer ces droits sans cesse bafoués à l’école.
Résultat : frustration, insatisfaction, anxiété, Sentiment qui font le lit de la violence. L’enfant élève ne voit pas de finalité à l’école, ne se sent pas investi ni partenaire de la mission éducation. Pire, l’élève tout comme le marocain moyen souvent conçoit l’école au Maroc comme un modèle discriminatif et non pas d’égalité des chances.

Puisqu’on est capable de décortiquer les causes, Pourquoi ne trouve-t-on pas de remèdes ?

Parce que la violence scolaire est un sujet tabou, sur ce thème là, on manque de visibilité, de transparence à tous les niveaux : officiel, civil, politique, la violence scolaire. Dérange tout le monde. La réalité de ce que sont nos enfants (scolarisés), nos enseignants, nos enseignement, dérange tout le monde. On n’ose pas regarder en face le phénomène. On préfère une certaine amnésie sociétale, Il n’existe pas d’études longitudinales, dans la durée. Pour cerner, analyser objectivement la violence scolaire. Les rares enquêtes qui est ont été réalisées sur la violence scolaire sont le fait d’associations, d’ONG. Les résultats des enquêtes sont critiqués par l’appareil officiel.
La volonté politique, déclinée en domaines d’action, manque. Résultat, le mal frappe et les remèdes se font attendre.

Latifa Abousaid – Femmes du Maroc
2004
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