CULTURE D’ENTREPRISE- Une valeur sûre de la qualité




CULTURE D’ENTREPRISE
Une valeur sûre de la qualité
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Introduction.

La mondialisation et ses enjeux, l’économie de marché et ses fondements, la concurrence et la compétition accrue, la place privilégiée du client et ses exigences,  sont aujourd’hui les éléments essentiels régulateurs des choix,  des décisions et des stratégies d’investissement et  de production de toute entreprise moderne. L’ensemble de ces facteurs sont vecteurs d’un ensemble de valeurs, de représentation mentales et comportements qui doivent être partagés par l’ensemble des opérateurs de chaque entreprise.


  Dans ce contexte économique,  à la fois exigeant et changeant,  régulé par les enjeux de la concurrence et de la compétitivité, les entreprises marocaines auront de plus en plus besoin d’équipe cohérentes, flexibles et compétentes,  capable de coordonner leurs compétences et leurs efforts individuels et collectifs, pour atteindre les objectifs définis.

            Au niveau sociocognitif,  la psychologie sociale des organisations et des ressources humaines nous montre, depuis les années 40, que l’esprit d’équipe et les attitudes de coopération et de coordination  au sein d’une organisation et de ses services, ne peuvent se forger er se consolider sans l’élaboration et le partage, par les ressources humaines,  de représentations mentales communes quant aux objectifs de leurs tâches et ceux de leur entreprise et de son environnement. Des représentations communes qui permettent aux femmes et aux hommes d’une entreprise d’avoir une « vision globale » des choses et d’appréhender les enjeux et les objectifs de leurs efforts et leurs compétences aux différents niveaux d’entreprise.

1-La culture de l’entreprise marocaine citoyenne : sens, et représentation.

 Au niveau des sociétés modernes, l’entreprise et conçue aujourd’hui comme une véritable organisation « créatrice » de richesses à la fois économiques et sociales, qui se distingue par sa propre culture, c'est-à-dire  par des valeurs, des normes, des représentations, des connaissances et des styles de vie propre à elle. D’où le sens de l’entreprise citoyenne,  qui contribue activement au développement, aux progrés et à la prospérité de la société.

Par sa culture spécifique, chaque entreprise vise à faire converger et à harmoniser les modes de penser et d’agir, les attitudes et les valeurs, les comportements et les rapports interpersonnels et professionnels et de ceux qui y travaillent ; et à consolider ainsi, les sentiments d’appartenance et d’attachement des ses ressources humaines à une entité identitaires spécifique  et à un espace organisationnel, à la fois commun et distinct des autres entreprises.

C’est ainsi que la « culture d’entreprise » et d’efficacité organisationnelle, et une composante essentielle de la gestion managériale.

2- Culture d’entreprise : sens, contenus et enjeux.

Pour plusieurs spécialistes et chercheurs, le concept « culture d’entreprise » constitue une véritable approche de développement, de réussite et de progrès pour l’entreprise moderne (SAINSAULIIEU, 1985 ; ARCHIER et SERIEYX, 1985 ; LAFLAMME, 1993….). d’après LAFLAMME (1993, p.537) «  dans une société en plein de transformation, il devient vitale pour toute entreprise d’avoir un fondement solide et d’identifier ses propres valeurs, afin de pouvoir véhiculer une culture qui lui est propre » car, pour l’auteur, une culture d’entreprise identifiée correctement et partagée par  tous, contribue sûrement à crée au sein de l’entreprise un climat d’enthousiasme, de responsabilité et d’autonomie.

2.1. Définitions.
2.1.1. Définitions managériales.

D’après BRIAND et DESCHENES  (1993,p.438), la culture d’entreprise est « l’ensemble de valeurs, de connaissances, d’attitudes, de comportements et processus qui donnent un sens aux activités quotidiennes des acteurs d’une organisation ». Dans ce sens, pour PETERS et WATERMAN  (1983), la culture d’entreprise dote l’entreprise d’une vision globale, en même temps qu’elle inspire et motive les employés ; alors que pour  SCHEIN (1986), la culture d’entreprise est un élément fondamental pour l’assimilation de la notion « qualité ». Mais ces quelques définitions convergentes ne doivent pas nous  cacher la diversité des définitions données à ce concept et leurs divergences, dans la littérature scientifique et managériale.


2.1.2. Concept polysémique et définition consensuelle.

Au fond, le concept de « culture » est fortement polysémique. Nous nous trouvons ainsi devant plusieurs définitions, parfois très divergentes et très spécifique.

Ainsi pour y remédier, nous allons nous contenter, tout d’abord, d’une définition normative ou plutôt  consensuelle, à savoir  que le concept « Culture d’Entreprise » renvoie au système de valeurs, de représentations, de connaissances, de comportements, de rapports et d’activités prèvalentes dans une entreprise. Ce système et ses composantes régulent et consolident la façon dont les ressources humaines pensent, agissent et interagissent pour attendre les butes et les finalités définis.

Pour JEAGER (1987), le rôle principal de la culture d’entreprise est de donner une orientation stratégique à l’entreprise  en définissant sa mission et ses stratégies, ainsi que les buts et les moyens pour y arriver. L’importance de ce genre de définitions et de précisions conceptuelles, c’est qu’elles nous renseignent sur l’intérêt, les rapports et les étendues de ce concept. De même elles nous permettent, d’une part, de mieux appréhender et d’analyser la place actuelle de l’entreprise au sein de la société, en tant que véritable   institution productrice de richesse et vectrice d’une culture et d’une identité propre, et d’autre part, elles nous informent sur les enjeux et la place  de la « culture » comme une composante essentielle de la gestion managériale et  comme  un véritable levier de dynamisation et d’efficacité au sein de l’entreprise.

Comment ? parce que ce « référentiel culturel » amène l’entreprise à se doter d’un « projet partagé », d’une « vision globale », d’une « orientation stratégique » avec les buts et des objectifs « communs » et précis, et d’une « identité » solide et spécifique, soutenue par un « idéal  commun » qui inspire et motive les ressources humaines.

Cette façon d’appréhender l’entreprise par « sa culture »  comporte- à mon avis-  plusieurs avantages d’organisation et de gestion :
Au niveau de l’organisation : elle nous amène à concevoir l’entreprise en fonction de son « projet », de sa vision globale, de son orientation stratégique et de son système de valeurs, de représentations et de connaissances « partagées ».
 Au niveau de la gestion des ressources humaines :  : la culture d’entreprise, implique l’existence d’un style de gestion managérial approprié, où les ressources humaines sont bien informées, impliquées, responsabilisées et engagées dans la réalisation des but et des finalités de l‘entreprise.

3-Culture d’entreprise  et culture qualité : fondements, mécanismes et objectifs.

 C’est dans ce sens que la culture d’entreprise peut devenir un véritable levier de motivation et d’implication de ressources humaine ,au service de la « culture qualité » dans les entreprises marocaines.

Pourquoi ? et comment ?. parce qu’elle suppose au niveau de chaque entreprise l’élaboration et la consolidation d’un « Projet » d’entreprise qui constitue le vecteur d’une « vision globale », et qui donne l’orientation stratégique et qui définit les buts et les finalités de l’entreprise en matière de production, de gestions, d’approche commerciale… soutenus par un système de valeurs et de représentations propre, et d’un « idéal commun ». Et c’est par ces fondements et ces principes que la « culture d’entreprise » est productrice et vectrice de la « culture qualité ».

Pour mieux comprendre ce qui se passe au niveau des fondements et des mécanismes mis en jeu, au niveau de « la qualité », nous devons nous référer aux différentes recherches et études dans les domaines des organisations et des ressources humaines, qui montrent que les femmes et les hommes dans une entreprise sont : « des êtres cognitifs », « affectifs » et des « acteurs sociaux ».

 Pour qu’ils puissent mieux s’investir et s’engager dans leurs activités, de manière dynamique et motivée, ils ont besoin d’un « projet partagé », d’une « vision globale » et d’un « idéal commun », entretenus par un « système de valeurs » valorisant et tourné vers l’avenir.

Mais ce contenu de la « culture d’entreprise », pour qu’il devienne identifié et partagé par tous, nécessite l’existence d’une politique managériale bien élaborée, capable de faire « adhérer » l’ensemble des ressources humaines à cette « culture référentielle ». En fait, cela ne sert à rien de concevoir et d’élaborer une culture d’entreprise propre, quelque soit son idéal, son projet d’entreprise, son système de valeurs et de représentations, et sa démarche qualité, si elle n’est pas identifiée correctement et bien assimilée et partagée par l’ensemble des ressources humaines au sein de cette entreprise.

Nombre de spécialistes et d’entrepreneurs marocains disent qu’aujourd’hui, le plus important au Maroc, dans les domaines de « la qualité », est de changer les valeurs, les représentations et les attitudes des différents « opérateurs », et donc  de changer leurs mentalités et leurs comportements. Et comme nous venons de le constater à propos des fondements et des principes de la « culture d’entreprise »,  la mise en place et la consolidation de la « culture qualité » au sein d’une entreprise, nécessite, dans le contexte marocain actuel,  ce qu’on appelle habituellement un « changement de mentalités ». D’où l’intérêt et les enjeux d’un investissement approprié » de nos entreprises dans le domaine des ressources humaines, c'est-à-dire dans leurs compétences, leurs motivations, leurs modes de communication et d’interaction, leur esprit d’équipe et leurs attitudes de coordination, leur condition et leur climat psychosocial de travail ; un investissement approprié qui rendra ces ressources humaines des « acteurs » motivés, compétents et engagés dans la « démarche qualité » et la réalisation  de ses objectifs.

3.1 Culture d’entreprise  des ressources humaines :

La qualité des ressources humaines : c’est quoi ?

Comme nous venons de le mentionner, c’est  « la qualité » de  leurs compétences, de leurs motivation, de leurs mode de communication, de leurs climat psychosociale de travail, de leur esprit d’équipe, de leurs modes de participation de le sens de responsabilités, de leur sentiment d’appartenance et d’adhésion aux objectifs de l’entreprise.

            Mais  avant de mettre l’accent sur les fondements  et les mécanismes essentiels de cette qualité, je vais d’abord m’arrêter à certaines dimensions et caractéristiques fondamentales des ressources humaines au travail.

« L’homme au travail » qui est-il ?

La psychologie sociale du travail et des organisations répond que :
- C’est un être cognitif ; un être qui cherche et aimes savoir ; un être qui finalise ces activités et anticipe sur les aboutissements et ses efforts.
- C’est un être  productif ; un être qui cherche et aime faire réaliser des œuvres ; et donc à mettre en valeur ses compétences et à affirmer sa personnalité.
- C’est un être social ; un être qui cherche et aime appartenir a des groupes référentiels, groupe dits d’appartenance et d’affiliation avec lesquels il partage des projets, des affinités et des sentiments réciproques d’appartenance et d’attachement.

D’où l’importance d’une politique de gestion managériale capable de générer et de développer au sein de l’entreprise, une culture de communication et d’implication, de cohésion et d’esprit d’équipe, d’engagement et de responsabilisation.

Ce qui implique l’existence de :

3.1.1. Une culture de communication de qualité :

C'est-à-dire une culture de communication ouverte et interactive, qui permet aux différents membres de l’équipes,  et aux différentes équipes de mieux communiquer sur leur activité et leurs objectifs, sur leur démarche et leurs résultats, sur les difficultés rencontrées et les stratégies de faire face. Ce qui permet à chaque opérateur et à chaque groupe d’avoir une vision globale des objectifs  et des enjeux,  de prendre conscience de son rôle spécifique et de l’interdépendance des uns par rapport aux autres pour atteindre les objectifs définis, et de jouer un rôle très important dans la consolidation des attitudes d’engagement, de coopération et d’esprit d’équipe.

3.1.2. La qualité du climat psychosocial.

 Mais nous savons aussi que « l’esprit d’équipe » et les attitudes de coopération et de coordination,  ainsi  que la qualité des rapports et des relations  interpersonnelle et intergroupe, dépendent  « psychologiquement »  de la qualité du climat psychosocial, et donc de la qualité des rapports et de relations interpersonnelles et intergroupe, comme ceux de la  convivialité, de la confiance réciproque, des affinités partagées, des attitudes et des valeurs de collaboration et d’entraide,  des sentiment d’attachement et d’adhésion aux valeurs et aux objectifs de l’entreprise. Ce qui  ne peut se concevoir dans un climat  psychosocial de travail « tendu » marqué par la « méfiance » à l’égard des autres et par des « discordances » étendues. Nous savons tous qu’il est-psychologiquement – très difficile de coopérer et de cordonner nos activités et nos efforts mutuels, si on méfie les uns des autres, et si on se discorde et on s’affronte fréquemment .

3.1.3. La culture d’implication  et d’engagement.

 Pour assurer une plus grande implication et engagement des ressources humaines ; une culture organisationnelle de participation et de responsabilisation  s’avère généralement comme la meilleurs stratégie à développer au sein de l’entreprise, pour consolider la démarche et la culture « qualité ». Cette culture d’implication et d’engagement au niveau organisationnel est essentiellement   fondée sur les principes et les processus de participation, de responsabilisation  et de délégation, et reste fortement corrélée à la qualité de la communication et à la qualité du climat psychosocial au sein de l’entreprise.

 L’ensemble de ces facteurs précipités suppose une bonne gestion de ressources humaine. Comme le confirment plusieurs spécialistes dans ce domaine, on ne pourra jamais faire progresser une entreprise  si on n’a pas l’engagement  et l’implication de ses ressources humaines. (J.BLASQUEZ ; R.GIGNAC ; P.GOGUELIN ; C.LEMOINE ; A.RONDEAU…)


3.2 Culture d’entreprise et qualité de la production.

Ici, je ne mettrais pas l’accent sur les aspects techniques se rapportant à « la qualité  des produit », et donc sur les normes, les règles et les procédures spécifiques à la production, mais plutôt sur les aspects organisationnels et opérationnels relatifs aux processus et aspects cognitifs, méthodologiques et relationnels, s qui interviennent et assurent la qualité de la production, en rapport avec les fondements de  la culture d’entreprise.

3.2.1 Au niveau organisation.

La  qualité de la production, nous renvoie généralement à l’existence des  procédures et des pratiques de production, qui répondent aux critères de fiabilité, d’efficacité,  de performances et d’excellence. D’où l’importance et les enjeux de la démarche qualité, qui suppose au niveau organisationnel, d’une manière intégré l’existence d’une « conception directive » des processus,  de la  méthode et de la pratique qualité, d’une planification précise et maitrisée des procédures, des outils et des actions, en fonction des objectifs définis , ainsi  que la mise en place d’une démarche managériale de participation et d’implication des ressources humaines à tous les niveaux de l’entreprise, ce qui se  traduit habituellement au niveau organisationnel par l l’élaboration et la maitrise d’une langage commun et d’une culture qualité partagée avec ses valeurs, ses  représentations, ses connaissances, ses normes, ses attitudes et ses comportements.

3.2.2 Au niveau opérationnel.

Cela implique au niveau des processus cognitifs,  méthodologiques et relationnels, la requise et la maitrise d’un ensemble de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être, c'est-à-dire de connaissances, de méthodes, de pratiques, d’attitudes et de comportements « partagés » relatifs à la démarche qualité au sein de l’entreprise. Par l’ensemble de ces processus et actions,  ce niveau opérationnel de la démarche qualité nous revoie dans ces fondements et  ses démarches, à la définition des objectifs précis et bien définis dans le temps et dans l’espace, ainsi qu’à la définition des normes et des procédés de la qualité de production à chaque niveau de l’entreprise,  et aux  stratégies et méthodes de résolution de problèmes, de prise de décision et de coordination des actions entre les différents opérateurs. Ce qui nécessite  des compétences individuelles et collectives bien requises de traitement et d’analyse de planification et d’anticipation, d’action et de réaction à la fois efficaces et cohérentes. D’où l’importance  et les apports a ce niveau d’une « vision globale » et précise chez l’ensembles des  operateurs, avec des représentations mentales partagées et une capacité de communication et de coordination interpersonnelle et intergroupe, bien développée et bien consolidée.

C’est  dans ce sens que la qualité de la production au sein de l’entreprise reste fortement lier aux fondements et principes de la culture d’entreprise comme nous les avons précisés auparavant.

4. culture d’entreprise : levier  de dynamisation et de changement maitrisé.

4.1. Changement organisationnel et résistance au changement.

     Tout changement organisationnel « inquiéte » en fonction de « la marge d’incertitude » qu’il comporte pour les opérateurs et les équipes concernés. Ainsi,  plus cette image d’incertitude est grande, plus la résistance au changement est forte. La peur d’être désorienté, de perdre le système de repères et le rythme habituels de travail,  de perdre les valeurs admises, les compétences requises et les privilèges acquis..., cette peur souvent  une multitude d’attitudes et de mécanismes défensifs contre le processus de changement en question (résistance au changement). D’où l’importance de la culture d’entreprise, comme une démarche appropriée de changement maîtrisé au sein de l’entreprise, ce qui assure une plus grande « visibilité » des objectifs et des enjeux, et réduit « l’incertitude » des différents opérateurs et équipes devant les projets de changement au sein de l’entreprise, et favorise, par conséquent, les attitudes et les comportements d’implication et d’engagement individuels et collectifs, au cours de différentes phrases de sensibilisation,  de participation et d’application.

4.2. Les apports de la culture d’entreprise.

 Dans cette période de changement structurel et de mise à niveau, le  concept « culture d’entreprise » peut devenir une source essentielle de « la démarche qualité » et de sa culture,  au sein de nos entreprises ; et par conséquent il peut devenir une approche  stratégique de leurs dynamisation et de leur changement maitrisé. Cela dit,  nous avons pu constater, à la fois sur le terrain et au cours de séminaires et de débats d’idées sur « la démarche qualité », que plusieurs chefs d’entreprise marocains restent convaincus que « la culture locale » de leurs personnel et « sa mentalité » constituent  le véritable obstacle devant les projets  et les perspectives de la mise en place de « la démarche qualité » et de sa culture en sein de leur entreprise.

Pour briser ce genre de « certitudes » et d’ »attitudes », il me semble que la démarche « culture d’entreprise » nous permet de concevoir une meilleur approche d’ancrage et de mise en place de la démarche qualité , ainsi qu’une gestion managériale appropriée, fondée sur les principes de l’implication, de la participation, de la responsabilisation et de l’engagement.
Seuls ces principes sont capables de changer les représentations et les attitudes stéréotypées dominantes, et donc de faire adhérer l’ensemble des ressources humaines au « Projet » et aux objectifs de leurs entreprises. A condition -bien sûr- d’être effectivement convaincu, au niveau de « la direction », que les  ressources humaines constituent le véritable levier de performance, de réussite et de progrès de l’entreprise ; et d’investir  en conséquence,  dans leur développement, leurs motivations et leur performances.

Nous savons tous que « la qualité » est d’abord « une culture », « un projet », « une vision globale » avec des objectifs bien définis. « Une culture » qui demande un engagement et une adhésion de tous, avec des compétences, des attitudes et des comportements appropriées et partagées.

 Par la pertinence de cette analyse relative au sens et au contenu de la culture d’entreprise, il devient difficile de prétendre vouloir améliorer la performance d’une entreprise et la qualité de sa production, sans améliorer les compétences et les performances individuelles et collectives de ses ressources humaines entretenues notamment par une stratégie de formation continue et de les faire participer activement à une culture d’entreprise commune, consistante et valorisante.

Dans cette perspective, nous pouvons constater que les préoccupations légitime de l’approche économique d’une entreprise et de sa démarche qualité, entrainant également  la légitimité d’une approche psychosociologique relative à la place primordiale qui revient à la qualité de ressources humaines et à l’investissement dans ce  domaine, c.à.d. dans la qualité de leurs motivations, de leurs compétences, de leurs relations, de leur esprit d’équipe et de leurs sentiments de responsabilité et d’engagement. D’où l’intérêt et la pertinence des fondements et des principes de la « culture d’entreprise », qui nous placent devant une conception organisationnelle dynamique et une approche systémique de l’entreprise.

Cette manière de concevoir et d’appréhender l’entreprise moderne, à partir de la qualité de sa culture, suppose au niveau du Maroc, un changement profond des mentalités et un intérêt particulier aux ressources humaines. Et  c’est dans ce sens que l’approche et la démarche « culture d’entreprise », me semble-t-il,  constitue « une valeur sûre » de la qualité  et un levier stratégique dans la politique générale de mise à niveau de nos entreprises ; capable de permettre aux femmes et aux hommes de devenir de véritables opérateurs, intéressés et engagés dans la réussite et le progrès  de leurs entreprise. Alors que si nous regardons de prés les entreprises marocaines, nous relevons, ici et là,  et avec regret, le peu d’importance accordé aux fondements et principes de la culture d’entreprise  et à la qualité des ressources humaines, dans les différentes stratégies et démarches de mise à niveau. Pourtant  les entrepreneurs marocains savent pertinemment que la qualité et la performance technique des machines, ne seront efficaces et rentables qu’avec des femmes et des hommes compétents impliqués et motivés dans leur travail et dans le succès de leur entreprise, avec attachement et identification !




Semaine Qualité – Ministère de l’Industrie et du commerce – Délégation Provinciale de Fès.


Abderrahim EMRAN
Psychosociologue
Fès le 15/11/2000





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