LES
AVANTAGE D’UNE GESTION BURAUTIQUE ET LE MYTHE DU MINESTERE DES FINANCE :
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" ESSAI
D’ANALYSE SOCIO-ORGANISATIONELLE "
Parmi
les faiblesses de notre administration et son
"archaïsme ",
selon les experts de la Banque Mondiale (1995, p.27) : mentionnons
l’existence d’un système de rémunération
opaque et non incitatif, qui constitue une source principale de "la passivité" et de la routine qui prédominent au sein de cette organisation
(p.28).
Dans
ce contexte socio-organisationnelle général - qui n’a pas beaucoup changé
depuis l’apparition de ce rapport - la question qui nous interpelle est :
comment un Ministère de fonction publique, désigné par les expert
internationaux comme source intellectuelle de faiblesse et de l’archaïsme de
notre administration à l’échelle nationale - à la fois par la rigidité de son
fonctionnement organisationnelle interne
et pas ses procédures budgétaires et financières "PARALSANTES ET OPAQUES" (ibid.) - peut être le lieu privilégié d’une rémunération
excessivement avantageuse pour les fonctionnaires de l’Etat ? Autrement
dit, comment sommes- nous parvenus à faire d’une gestion administrative fortement
bureaucratique, fondée sur le contrôle excessif des autres " partenaires ",
une source de privilège et d’avantage ?
LE MYTHE DU
"TRESOR" :
Pour
essayer de comprendre cet "illogisme " des privilèges au sein de cet organisme de l’Etat, mais probablement
aussi au sein de la société marocaine,
nous avons peut être besoin de nous référer aux "archétypes" mythique du "Trésor" !
Et aux représentations socioculturelles auxquelles ce mythe du "Trésor " donne naissance chez les marocains et chez certains
fonctionnaires de l’Etat ; ou bien, de nous référer à une loi sociologique des "paradoxes sociaux" où certaines causes donnent lieu à des
résultats apparemment "illogiques".
DU
MTHE A LA REALITE :
Cette
manière d’appréhender les fondements socioculturels des "privilèges" au sein de la société marocaine, et l’étendue de ses schèmes sociocognitifs nécessitent une
analyse plus détaillée et plus approfondie, qui dépasse de loin les objectifs
de cet article, relatifs aux avantages de la gestion bureaucratique au Maroc, à
ses processus socio-organisationnels actuels et les perspectives d’une gestion
différente , plus équitable et plus approprie à la volonté de "changement" et au principe du "pacte de bonne gestion" contenus dans le programme du nouveau gouvernement.
Si nous partons de
l’idée simple que "les
fonctionnaires" du Ministère des Finances, comme les autres
Fonctionnaire, appartiennent à la Fonction publique, alors, nous ne voyons pas -
à partir des principes d’"équité"
et de "rendement"- quelles sont les raisons professionnelles
objectives qui peuvent justifier les "inégalités" et la discrimination existante au niveau des salaires, mais
surtout au niveau des "primes"
accordées aux fonctionnaires de ce Ministère, qui dépassent assez souvent le
triple de ce qui est accordé à d’autres fonctionnaires qui disposent les mêmes
compétences et assurent les mêmes fonctions de responsabilité
administrative ?
Nous
savons tous -ou presque ! Par nos discussions personnelles avec des amis
fonctionnaires, et aussi par le diagnostic des Experts de la banque Mondiale (ibid.
p. 28) que ce "fort
décalage" entre les salaires et les primes accordées
aux fonctionnaires de ce Ministère et
ceux accordés aux "autres",
est une source essentielle de "frustration",
de "rivalité" et d’"instabilité" de l’emploi pour les éléments les plus motivés.
Mais pourquoi ces privilèges ? Autrement
dit, qu’est ce qui caractérise le Ministère
des finances au Maroc, en tant qu’institution publique, pour justifier son système
de rémunération spécifique ?, surtout si nous posons cette question à
partir des missions essentielles de ce ministère, de son style de gestion et de
la qualité de ses services !
Notre
incompétence professionnelle dans le domaine des finances, ne nous permet
d’aucune manière de nous avancer dans une analyse et une évaluation
personnelle ; cela dit, nous disposons au Maroc d’audits et de diagnostics
fiables, concernant le fonctionnement socio-organisationnel de ce Ministère,
auxquels nous allons nous référer pour élucider certains avantages de bureaucratie
administrative au Maroc et les enjeux de sa gestion, dont le Ministère des Finances
et le Ministère de l’intérieur constituent, d’après le rapport de Banque
Mondiale, les deux prototypes de cette
gestion bureaucratique ( ibid.,p.30).
D’après les experts de la banque
mondiale (1995, p. 29) le "poids excessif du Ministère des Finances dans le processus de décision,:
Contribue à la
déresponsabilisation des gestionnaires et à la lenteur de prise de décision
comme de l’exécution " ; "les
procédures budgétaires et comptables - de ce Ministère - sont paralysantes et
opaque", par le recours à de "stricts contrôles" a priori et à des procédures d’approbation
préalable.
Quant aux contrôleurs
Financiers, ils "tendent
souvent à excéder leurs compétences en s’immiscent dans la gestion des ministères,
retardant ainsi la mise en œuvre des politiques et des projets" (ibid.).
L’ensemble de ces méthodes et procédures
entraîne de l’"incertitude" chez les fonctionnaires responsables de
l’exécution du budget, et donnent lieux aux attitudes d’"attentisme" et à une "perte" d’esprit
d’initiative (ibid.). Autrement dit, cette gestion fortement bureaucratique
tend à interdire, selon les experts, toute efficacité, responsabilité et
délégation, et fait que les "cadres dirigeants" des autres administrations, "tendent à éviter de
prendre des risques, pour ne pas se heurter aux contrôles multiples et parfois
imprévisibles" et à consacrer plus d’efforts à obtenir un
accroissement de leurs moyens et à gérer les procédures (ibid. p.29).
A partir de ces traits caractéristiques
d’une gestion fortement bureaucratique,
et d’une forte "emprise"
sur les autres "partenaires" par le recours à des contrôles excessifs
et un style de gestion rigide et fortement directif, nous pouvons - nous semble
t-il - mieux appréhender les mécanismes socio-organisationnelles de cette "auto-attribution
des avantages" et des "privilèges" au sein de cette organisation administrative publique, des
privilèges qu’il faut parvenir soit à généraliser pour l’ensemble des fonctionnaires de la
Fonction Publique soit à réduire pour l’intérêt générale, surtout dans un moment
où l’Etat à besoin de "ressources supplémentaires" pour financier et soutenir le SOCIAL, créer des Emplois et
redonner sens aux principes de "solidarité et d’équité" socioprofessionnelle au sein de son Administration et de Société
Marocaine en générale.
Emran Abderrahim
Professeur Universitaire.
Psychosociologue
Rabat, 1995
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